Sites naturels

Situé entre le Dauphiné, et la Provence, le Val de Drôme est un espace de transition autant naturel que culturel.

Au nord, délimité par les contreforts du Vercors (montagnes humides), caractérisé par les dernières influences atlantiques.Au sud s'étendent les montagnes plutôt sèches du Diois fortement marquées par les accidents géologiques.Cette configuration géographique particulière confère aux paysages du val de Drôme une grande richesse et une grande diversité de milieux naturels.

A vous de choisir l'ambiance

Les ramières de la Drôme, une couleur incomparable

Du sentier, c'est à peine si l'on entend le bruit de l'eau tant le mistral dans les branches ressemble aux vagues de l'océan.Le sentier s'étire au milieu des repousses de saules et de peupliers qui interdisent de voir au-delà. Une exubérance de fleurs de buddleas exhalent un parfum sucré.Soudain se dévoile la rivière : son étincelante parure de lumière turquoise aux reflets violets et ses écharpes de galets blancs.

La Drôme alimente la nappe phréatique en période de hautes eaux alors qu'elle est alimentée par cette même nappe durant les sécheresses. Un équilibre se crée entre les deux en particulier par l'intermédiaire d'un réseau de canaux et de sources appelées «freydières». Cette eau, fraîche, de très bonne qualité, où prospèrent la menthe aquatique et le céleri d’eau, attire plusieurs dizaines d’espèces de libellules.

En aval de Crest, la rivière Drôme recèle deux zones naturelles intéressantes : sa confluence avec le Rhône à Printegarde et la réserve naturelle des Ramières qui s’étend sur 10 kilomètres entre Crest et Livron incluant une vaste forêt riveraine.Sur le terrain, vous rencontrerez probablement le conservateur de cet espace protégé, surveillant les abus que d'aucuns pourraient commettre et observant la faune et la flore. Il est responsable du suivi scientifique et de l'accueil du public à la Gare des Ramières située à Allex.

"Les Ramières" c’est le nom donné aux forêts des bords de l’eau.Saules et peupliers y poussent à outrance alors que frênes, érables et tilleuls colonisent les terrains plus à l’écart du lit de la rivière. Les crues fertilisent et apportent des graines montagnardes qui diversifient ainsi la flore des berges. Se côtoient alors des plantes telles que le fusain à feuilles larges et l’érable de Montpellier, l’orme de montagne et le chêne vert…Des pelouses sèches entretenues par les lapins de garenne offrent une flore herbacée riche d’une vingtaine d’espèces d’orchidées. Elles abritent également quelques espèces de papillons intéressantes parmi lesquelles l’azuré du serpolet, dont la chenille est élevée dans certaines fourmilières jusqu’à sa métamorphose.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

Le Rhône à Printegarde, fleuve de lumière

Le vent. Le grand vent argenté dans les feuilles des magnifiques saules et peupliers blancs. Les branches se balancent, se mêlent, dansent contre le ciel. L’eau de la lône qui nous sépare de l’île des Petits Robins à Livron est calme. Les barques à son bord sommeillent.

Les belles dames volètent, sans capeline ni robe longue, puisque ce sont des papillons. Un milan noir, véritable danseur aérien, lance son cri semblable à un hennissement. De la rive, on aperçoit les arbres tombés d’un chantier de castors, trois corneilles semblent discuter sur le sable. À l’abri du courant se forment les ondulations d’une eau diaprée pointillée de petites feuilles brunes, vertes, jaunes qui se déplacent en rubans. Les rossignols s’égosillent, le chant grave d’un loriot se fait entendre comme une rengaine à la cime des arbres qui grincent dans le mistral. Le sable gris fond sous les pas et la tête dorée des phallaris ou faux roseaux s’incline en cadence. Le rire métallique du pic vert traverse l’espace.

Se noue et se dénoue ici un entrelacs de lônes, d’îles, de rivières comme la Véore et l’Eyrieux qui viennent se perdre dans le fleuve. C’est un ensemble riche qui nous fait oublier que le Rhône d’aujourd’hui est surtout un gigantesque canal navigable et dompté.
Dans sa partie active, le Rhône a des eaux puissamment mouvantes et agitées. Il voit les péniches aux étraves vertes et rouges briser l’onde en éclaboussures blanches et mousseuses. Leurs drapeaux flottent dans le vent. Un cygne tuberculé qui nageait par là s’en trouva fort chahuté !
Au confluent avec la Drôme, la couleur de la rivière, turquoise ou terreuse, heurte le gris nacré du fleuve. Légèrement en retrait du confluent, un marais s’étale sur la rive droite de la Drôme.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

La forêt de Saoû, un berceau de légende

La forêt de Saoû, inscrite dans l'histoire des hommes, est riche de vies, d'anecdotes et de drames. Le murmure silencieux de l'esprit des anciens plane sur le site dont quelques vestiges préhistoriques témoignent.Elle s'étend de Roche Colombe aux Trois Becs : de 800 à 1600 m d'altitude.

L'image la plus fréquemment employée pour décrire ce massif est celle d'un navire à la proue dressée et la poupe envasée. La coque protège l'intérieur et l'isole du reste du monde. On appelle ce phénomène un synclinal perché. Cette cohérence géologique est pourtant prétexte à des paysages tranchés.

L'orientation de ses versants présente les milieux naturels attachés au sud, la garrigue, l'intérieur déployant une hêtraie aux superbes arbres, bordée dans sa partie inférieure de charmes et de chênes sessiles. Aux endroits décalcifiés se trouvent quelques châtaigniers et dans la combe croissent des plantations d'essences parfois incongrues comme des cèdres majestueux ou des pins noirs, des aulnes de Corse... La forêt elle-même disparaît sur les trois becs où la pelouse d'altitude s'étend comme une nappe.

Cette diversité végétale s'accompagne d'insectes rares, comme des carabes dont certaines formes sont endémiques et d'une flore mycologique très riche... Le chamois aidé par l'homme, en a fait son royaume et il est difficile de ne pas l'apercevoir notamment lors de son rut en novembre, quand ses aboiements rauques et brefs retentissent dans les rochers. Des rapaces rares comme le faucon pélerin et l'aigle royal peuvent s'y rencontrer. Le pic noir lance son cri à travers la forêt et se fâche si vous essayez de l'imiter. La nuit les rêveurs et autres naturalistes arrêtent leur respiration pour tenter d'entendre la si précieuse chouette de tengmaln.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

Le col de la Chaudière, d'argile et de calcaire

Une mosaïque de polygales bleus et pensées sauvages jetée sur ses abords, la marne est nue, finement craquelée bleue, grise, noire, elle s'effrite sous les pieds en braises refroidies. A sa base, de minces filets d'eau creusent et se perdent. C'est ici au col de la Chaudière que la Bine prend sa source.Des genêts cendrés se pressent comme des îlots et un amélanchier aux racines tortueuses et nues s'accroche comme il peut au sommet du dôme.

La marne est arrondie, sein monumental, elle s'offre aux caresses du vent, de la pluie, et du soleil. En pente, elle se découpe en arêtes d'eau ruisselante, striée à l'horizontale de ses couches successives.Les marnes sont des terres fascinantes, où s'inscrivent les traces des chevreuils et renards nomades. Les marnes sont partout dans le vallon. Plus ou moins érodées, plus ou moins visibles ou colonisées par les pins sylvestres. Elles sont à la base du paysage. La marne est une roche friable à la fois calcaire et argileuse. Elle provient des dépôts de vase qui ont comblé la fosse marine dite vocontienne sur une durée de plus de trente millions d'années. Elle a été recouverte ensuite d'autres dépôts marins qui feront le calcaire d'abord friable puis de plus en plus dur formant des bancs. Les rivières se sont chargées de les sillonner, creuser, éroder. Aujourd'hui encore les marnes sont des terres qui bougent et peuvent faire s'écrouler des pans de montagne comme à Bezaudun-sur-Bine (1856) et Félines-sur-Rimandoule (1907).

Les amélanchiers, les orchidées, quelques buissons d'épines noires, les genêts cendrés, le thym, tous végétaux de terres maigres, se plaisent dans cette pierraille sèche et grise. Mais en contrebas, de petits vallons verdoyants nous offrent quelques chênes centenaires et la fraîcheur de leurs ruisseaux.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

La montagne de Couspeau, entre Alpes et Provence

La montagne de Couspeau, allongée de tout son long, semble hésiter entre le vaisseau de Saoû et la montagne d'Angèle. Elle offre à Saoû la forêt de Rochefourchat, vestige d'une hêtraie sapinière possédant encore quelques arbres vénérables, et à Angèle des bouquets de genêts s'étendant en landes fleuries, chahutées du babil des fauvettes méditerranéennes. Comment choisir entre les Alpes et la Provence... ?

En marchant vers le col du Lion, à l'Ouest, aphyllantes et thym au suave parfum rivalisent de couleurs. Dans la pâture, les orchidées trouvent leur milieu de prédilection, orchis brûlé, ou pyramidale, homme pendu, ophrys abeille, bourdon, et à bien chercher pourrez vous observer la si belle et rare ophrys de la Drôme... Les orchidées européennes méritent qu'on s'y arrête, qu'on se penche vers elles pour admirer leurs fleurs délicatement dessinées, souvent toutes de velours aux couleurs vives ou discrètes.
Sur le chemin, les cicindèles s'envolent sous les pas pour se poser à nouveau quelques mètres plus loin.La chaleur se fait vertige, le sol est sec et caillouteux lorsque, comme une oasis soudaine, une fontaine et son cortège de verdure offre une fraîcheur méritée.

L'érosion ici éclate le rocher en petits cailloux pointus que l'on trouve partout, la montagne entière semble n'être qu'un immense tas de caillasses grises. La crête est arrondie, seule la pointe du Grand Delmas revendique le ciel. Sur tous ces cailloux, genêts et genévriers s'accrochent, plongent leurs racines, retiennent les pierres entre elles. L'érosion a adouci la montagne.

Le point de vue s'étend de la Servelle de Brette à la Montagne d'Angèle, en passant par la vallée de la Roanne. On y découvre également de superbes plissements calcaires et quelques versants de marnes.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

Les gorges d'Omblèze, des mousses pour construire des maisons

La Gervanne, née au pied du col de la Bataille, serpente parmi les buis et les frênes. Elles est encadrée par deux falaises abruptes dressées dans un défi statufié. Marquées par la présence à leur entrée sud, du Moulin de la Pipe, les Gorges d'Omblèze séduisent par leur caractère minéral où l'eau et la roche se jouent l'une de l'autre dans un duel aux riches conséquences.

L'eau en cascades fabrique ici le tuf, pierre légère et torturée d'aspect. Ces cascades lapidaires sont constituées de mousses pétrifiées, phénomène possible lorsque l'eau émergeant du karst est saturée de calcaire et de gaz carbonique. A l'air libre, le Co2 est absorbé par les mousses incrustantes, les cratoneurons, une concrétion de carbonate de calcium précipite alors sur les plantes et dans le lit du ruisseau. Il faut que les forces chimiques en action dépassent la force de l'érosion. C'est un travail très lent aboutissant à des terrasses de tuf généralement étroites mais présentant ici un développement remarquable, près de 15 ha.

Léger et facile à travailler, le tuf a été longtemps utilisé comme matériau de construction. On le retrouve employé dans les murs de l'ancien prieuré d'Anse, les clochers des églises des Boutons et d'Ansage, le clocher de l'église et l'arc du pont Bossu de Beaufort sur Gervanne, l'église romane de Gigors, celle de Plan de Baix ainsi que dans les encadrements de portes ou de fenêtres de simples maisons.

A la sortie des gorges, la Gervanne s'offre un saut de 72 m de hauteur : le saut de la Druise. Un sentier y descend. Le souffle de la cascade nous envoie au visage de fines gouttes d'eau, dans lesquelles un arc-en-ciel se déploie. Parfois un tichodrome au chant flûté, surprend par ses couleurs, gris, noir contrastant avec le rose de ses ailes et son fin bec courbe.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

Le plateau d'Ambel, au coeur du Vercors

En venant de Léoncel, le col de la Bataille, passerelle ventée entre les vallées profondes de Bouvante au nord et d’Omblèze au sud voit naître le plateau d’Ambel. Le calcaire en falaises tourmentées et coulées monstrueuses détache sa masse argentée et lumineuse du vert tendre des arbres et du morcelé des éboulis. La prairie déroule son tapis de fleurs et culmine avec le roc de Toulaud, rocher abritant entre autres le merle de roche à la tête bleue et la poitrine orange ainsi que quelques marmottes.

La forêt se résume à la hêtraie. Entrer dans une haute futaie de hêtres c’est pénétrer dans une cathédrale végétale à la voûte lumineuse où les feuilles font office de vitraux. Les troncs dressés vers le ciel contrastent avec l’enchevêtrement et la tortuosité de leurs racines souvent apparentes. Leur écorce lisse parfois plissée comme une peau est grise tachée de blanc et parfois recouverte de lichens foliacées. Le plateau d’Ambel recèle surtout d’anciens taillis de hêtres, reliques d’une exploitation forestière historique.Dans la boue des chemins des empreintes de sabots dessinent leur ronde, petites ou grandes, elles révèlent la faune du massif. Petits sabots en forme de cœur ? Le chevreuil est passé par là… De lourds et grands sabots ? Le cerf à la superbe ramure a inscrit sa course. A l’automne, son brame fait trembler la nuit.

ous pouvez aller l’écouter dans un affût prévu à cet effet en bordure de la combe de l’Aubasse. Le frisson est garanti ! Mouflons et chamois complètent le tableau avec le sanglier dont on rencontre les souilles confortables dans les flaques d’eau de la forêt. Le dernier arrivé de la grande faune du Vercors est le bouquetin réintroduit dans les années 90.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

Le rocher de l’Aigle à Gigors

Les rochers sont ici comme boursouflés. Sylvains azurés et autres papillons butinent ça et là les fleurs des œillets de poète, des psoralées à l'odeur de bitume, de superbes cornouillers sanguins.

Philaeus chrysops, jolie araignée noire et rouge vivant dans les pierres traverse le chemin et s'immobilise au soleil. Les choucas au vol bruyant tournent au-dessus de nos têtes. Le thym et le serpolet parsèment le sol. Quelques orchis bouc se dressent ça et là.

En se retournant, on peut admirer le St-Pancrace, petit synclinal perché perpendiculaire à son grand frère de Saoû que l'on aperçoit également. Les cloches des vaches dans les ruines d'une ancienne maison accompagnent notre ascension au milieu des buis et genévriers. Au soleil les ascalaphes virevoltent. Quelques chênes verts veulent croire au midi. Des éboulis à buis, genêts cendrés, églantiers et genévriers s'allongent sous les rochers. Les chamois peuplent le site.

Le rocher de l'Aigle s'est appelé ainsi car l'aigle royal nichait dans sa falaise. Il appartient aux cimenteries Vicat (80 ha) qui siègeaient à Aouste sur Sye. La cimenterie a fermé ses portes et depuis, la famille Vicat fait son possible pour que ce site reste intact et s'enrichisse.

La singularité dromoise se résume ici : regarder les chamois en écoutant chanter la fauvette passerinette. Le grand-duc a élu domicile dans les rochers. Le soir on peut entendre le hibou petit-duc égrener ses deux notes douces et simples.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN

Elu référent

Monsieur Jean-Louis Hilaire
Vice président, chargé des solidarités et de l'environnement