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Les gorges d'Omblèze

Des mousses pour construire des maisons

Omblèze La Gervanne, née au pied du col de la Bataille, serpente parmi les buis et les frênes. Elles est encadrée par deux falaises abruptes dressées dans un défi statufié. Marquées par la présence à leur entrée sud, du Moulin de la Pipe, les Gorges d'Omblèze séduisent par leur caractère minéral où l'eau et la roche se jouent l'une de l'autre dans un duel aux riches conséquences.

L'eau en cascades fabrique ici le tuf, pierre légère et torturée d'aspect. Ces cascades lapidaires sont constituées de mousses pétrifiées, phénomène possible lorsque l'eau émergeant du karst est saturée de calcaire et de gaz carbonique. A l'air libre, le Co2 est absorbé par les mousses incrustantes, les cratoneurons, une concrétion de carbonate de calcium précipite alors sur les plantes et dans le lit du ruisseau. Il faut que les forces chimiques en action dépassent la force de l'érosion. C'est un travail très lent aboutissant à des terrasses de tuf généralement étroites mais présentant ici un développement remarquable, près de 15 ha.

Léger et facile à travailler, le tuf a été longtemps utilisé comme matériau de construction. On le retrouve employé dans les murs de l'ancien prieuré d'Anse, les clochers des églises des Boutons et d'Ansage, le clocher de l'église et l'arc du pont Bossu de Beaufort sur Gervanne, l'église romane de Gigors, celle de Plan de Baix ainsi que dans les encadrements de portes ou de fenêtres de simples maisons.

A la sortie des gorges, la Gervanne s'offre un saut de 72 m de hauteur : le saut de la Druise. Un sentier y descend. Le souffle de la cascade nous envoie au visage de fines gouttes d'eau, dans lesquelles un arc-en-ciel se déploie. Parfois un tichodrome au chant flûté, surprend par ses couleurs, gris, noir contrastant avec le rose de ses ailes et son fin bec courbe.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN