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Le rocher de l’Aigle à Gigors

Le rocher de l’Aigle à Gigors

Aigle Les rochers sont ici comme boursouflés. Sylvains azurés et autres papillons butinent ça et là les fleurs des œillets de poète, des psoralées à l'odeur de bitume, de superbes cornouillers sanguins.

Philaeus chrysops, jolie araignée noire et rouge vivant dans les pierres traverse le chemin et s'immobilise au soleil. Les choucas au vol bruyant tournent au-dessus de nos têtes. Le thym et le serpolet parsèment le sol. Quelques orchis bouc se dressent ça et là.

En se retournant, on peut admirer le St-Pancrace, petit synclinal perché perpendiculaire à son grand frère de Saoû que l'on aperçoit également. Les cloches des vaches dans les ruines d'une ancienne maison accompagnent notre ascension au milieu des buis et genévriers. Au soleil les ascalaphes virevoltent. Quelques chênes verts veulent croire au midi. Des éboulis à buis, genêts cendrés, églantiers et genévriers s'allongent sous les rochers. Les chamois peuplent le site.

Le rocher de l'Aigle s'est appelé ainsi car l'aigle royal nichait dans sa falaise. Il appartient aux cimenteries Vicat (80 ha) qui siègeaient à Aouste sur Sye. La cimenterie a fermé ses portes et depuis, la famille Vicat fait son possible pour que ce site reste intact et s'enrichisse.

La singularité dromoise se résume ici : regarder les chamois en écoutant chanter la fauvette passerinette. Le grand-duc a élu domicile dans les rochers. Le soir on peut entendre le hibou petit-duc égrener ses deux notes douces et simples.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN