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Le col de la Chaudière

D'argile et de calcaire

col de la Chaudière Une mosaïque de polygales bleus et pensées sauvages jetée sur ses abords, la marne est nue, finement craquelée bleue, grise, noire, elle s'effrite sous les pieds en braises refroidies. A sa base, de minces filets d'eau creusent et se perdent. C'est ici au col de la Chaudière que la Bine prend sa source.
Des genêts cendrés se pressent comme des îlots et un amélanchier aux racines tortueuses et nues s'accroche comme il peut au sommet du dôme.

La marne est arrondie, sein monumental, elle s'offre aux caresses du vent, de la pluie, et du soleil. En pente, elle se découpe en arêtes d'eau ruisselante, striée à l'horizontale de ses couches successives.
Les marnes sont des terres fascinantes, où s'inscrivent les traces des chevreuils et renards nomades. Les marnes sont partout dans le vallon. Plus ou moins érodées, plus ou moins visibles ou colonisées par les pins sylvestres. Elles sont à la base du paysage. La marne est une roche friable à la fois calcaire et argileuse. Elle provient des dépôts de vase qui ont comblé la fosse marine dite vocontienne sur une durée de plus de trente millions d'années. Elle a été recouverte ensuite d'autres dépôts marins qui feront le calcaire d'abord friable puis de plus en plus dur formant des bancs. Les rivières se sont chargées de les sillonner, creuser, éroder. Aujourd'hui encore les marnes sont des terres qui bougent et peuvent faire s'écrouler des pans de montagne comme à Bezaudun-sur-Bine (1856) et Félines-sur-Rimandoule (1907).

Les amélanchiers, les orchidées, quelques buissons d'épines noires, les genêts cendrés, le thym, tous végétaux de terres maigres, se plaisent dans cette pierraille sèche et grise. Mais en contrebas, de petits vallons verdoyants nous offrent quelques chênes centenaires et la fraîcheur de leurs ruisseaux.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN