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La montagne de Couspeau

Entre Alpes et Provence

Couspeau La montagne de Couspeau, allongée de tout son long, semble hésiter entre le vaisseau de Saoû et la montagne d'Angèle. Elle offre à Saoû la forêt de Rochefourchat, vestige d'une hêtraie sapinière possédant encore quelques arbres vénérables, et à Angèle des bouquets de genêts s'étendant en landes fleuries, chahutées du babil des fauvettes méditerranéennes. Comment choisir entre les Alpes et la Provence... ?

En marchant vers le col du Lion, à l'Ouest, aphyllantes et thym au suave parfum rivalisent de couleurs. Dans la pâture, les orchidées trouvent leur milieu de prédilection, orchis brûlé, ou pyramidale, homme pendu, ophrys abeille, bourdon, et à bien chercher pourrez vous observer la si belle et rare ophrys de la Drôme... Les orchidées européennes méritent qu'on s'y arrête, qu'on se penche vers elles pour admirer leurs fleurs délicatement dessinées, souvent toutes de velours aux couleurs vives ou discrètes.

Sur le chemin, les cicindèles s'envolent sous les pas pour se poser à nouveau quelques mètres plus loin.
La chaleur se fait vertige, le sol est sec et caillouteux lorsque, comme une oasis soudaine, une fontaine et son cortège de verdure offre une fraîcheur méritée.

L'érosion ici éclate le rocher en petits cailloux pointus que l'on trouve partout, la montagne entière semble n'être qu'un immense tas de caillasses grises. La crête est arrondie, seule la pointe du Grand Delmas revendique le ciel. Sur tous ces cailloux, genêts et genévriers s'accrochent, plongent leurs racines, retiennent les pierres entre elles. L'érosion a adouci la montagne.

Le point de vue s'étend de la Servelle de Brette à la Montagne d'Angèle, en passant par la vallée de la Roanne. On y découvre également de superbes plissements calcaires et quelques versants de marnes.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN