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La forêt de Saoû

Un berceau de légende

SaouLa forêt de Saoû, inscrite dans l'histoire des hommes, est riche de vies, d'anecdotes et de drames. Le murmure silencieux de l'esprit des anciens plane sur le site dont quelques vestiges préhistoriques témoignent.
Elle s'étend de Roche Colombe aux Trois Becs : de 800 à 1600 m d'altitude.

L'image la plus fréquemment employée pour décrire ce massif est celle d'un navire à la proue dressée et la poupe envasée. La coque protège l'intérieur et l'isole du reste du monde. On appelle ce phénomène un synclinal perché. Cette cohérence géologique est pourtant prétexte à des paysages tranchés.

L'orientation de ses versants présente les milieux naturels attachés au sud, la garrigue, l'intérieur déployant une hêtraie aux superbes arbres, bordée dans sa partie inférieure de charmes et de chênes sessiles. Aux endroits décalcifiés se trouvent quelques châtaigniers et dans la combe croissent des plantations d'essences parfois incongrues comme des cèdres majestueux ou des pins noirs, des aulnes de Corse... La forêt elle-même disparaît sur les trois becs où la pelouse d'altitude s'étend comme une nappe.

Cette diversité végétale s'accompagne d'insectes rares, comme des carabes dont certaines formes sont endémiques et d'une flore mycologique très riche... Le chamois aidé par l'homme, en a fait son royaume et il est difficile de ne pas l'apercevoir notamment lors de son rut en novembre, quand ses aboiements rauques et brefs retentissent dans les rochers. Des rapaces rares comme le faucon pélerin et l'aigle royal peuvent s'y rencontrer. Le pic noir lance son cri à travers la forêt et se fâche si vous essayez de l'imiter. La nuit les rêveurs et autres naturalistes arrêtent leur respiration pour tenter d'entendre la si précieuse chouette de tengmaln.

Extrait des Chroniques buissonnières
textes Marie Pierre CAFFIN