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Faune

Aigrette Garzette, Apron du Rhône, Barbeaux de la Drôme, Castor, Cincle plongeur, Grand Cormoran, Insectes et Libellules de la Forêt de Saou, Milan noir, Petit gravelot

Aigrette GarzetteAigrette Garzette 

 Ce petit héron, svelte et d'un blanc immaculé, est l'oiseau fétiche de laRéserve des Ramières.

Au printemps, les premiers retours de migrateurs africains ont lieu. Dèsavril, l'aigrette niche en colonie dans les bois de saules et depeupliers et vient se nourrir sur les bords de la Drôme. Au plus fort deleur présence, en juillet et en août, on observe jusqu'à 100 adultes et jeunessur les Ramières. Cet oiseau qui se déplace avec grâce (il est plus fin que lehéron cendré par exemple) a failli disparaître au début de ce siècle à causedes plumes vaporeuses de son dos, utilisées pour la fabrication des chapeaux.

Aujourd'hui protégée, l'aigrette garzette trouve des lieux favorablesdans la plupart des zones humides de l'Europe méridionale.

    ApronApron du Rhône
    L’apron du Rhône, un poisson emblématique des rivières sauvages

    L’apron est un petit poisson rare, solitaire, discret... et menacé. Depuis 12 ans, tout est fait pour le préserver. Vous pouvez l’admirer en exposition, et bientôt en vrai, à la Gare des Ramières à Allex.

    Un poisson rare

    Petit poisson d’une vingtaine de centimètres, il est resté discret et méconnu jusque dans les années 1990. Il a failli disparaître de la rivière Drôme lors de la construction d’un seuil (petit barrage de 3 m de hauteur) en 1993 au confluent de la Drôme et du Rhône. Ce poisson, naturellement rare, est endémique du bassin du Rhône, c’est-à-dire qu’il ne vit que là dans le monde. Il a quasiment disparu du Rhône lui-même, on ne le retrouve plus que dans le Doubs, La Durance, l’Ardèche et la rivière Drôme. Il s’est différencié de l’apron du Danube lors de la dernière séparation des deux fleuves, il y a 8 millions d’années.

    Solitaire et discret

    L’apron est un solitaire qui vit au fond de la rivière. Dans la journée, il dort calé derrière un galet. C’est la nuit qu’il part à la chasse aux petits insectes et crustacés qui s’abritent sous les galets ou dans le sable. Dès le mois de février, les aprons se déplacent et se regroupent sur les sites de reproduction. Ils doivent se déplacer sur plusieurs kilomètres. Tout obstacle dans la rivière peut empêcher cette reproduction.

    Sauver cette espèce

    La communauté de communes a été associée au programme Européen visant à sauver cette espèce menacée de disparition. Une première étude a été réalisée en 2001 dans le «fluvarium» de la réserve naturelle des Ramières du Val de Drôme par l’université de Lyon. Elle a mis en évidence l’influence de la nature du fond de la rivière, sur le comportement de franchissement d’obstacles par de jeunes aprons.

    Créer une passe à poissons

    En 2005, des essais très complets ont été réalisés à l’Institut de Mécanique des Fluides de Toulouse (tests hydrauliques) et au fluvarium de la réserve naturelle des Ramières du Val de Drôme (expérimentations sur du matériel vivant) par Peggy Gomes (chargée d’étude au Midival) et Stéphane Vighetti (technicien de l’environnement à l’office national de l’eau et des milieux aquatiques).
    Les études dans le fluvarium ont été effectuées dans un canal de 4 à 5 m de longueur, et de 5% de pente. Le comportement des poissons a été enregistré à l’aide de magnétoscopes et de caméras aériennes et subaquatiques en lumière infrarouge, afin de ne pas perturber le comportement du poisson pendant la nuit. Ces expériences ont permis de concevoir un modèle de «passe à poissons» permettant le passage de petits poissons, comme l’apron. En 2008 et 2009, une passe à poissons grandeur réelle à été construite sur la rivière Drôme, entre Livron et Loriol.

    Une réintroduction en 2006

    Parallèlement, une opération de réintroduction dans le bassin amont de la rivière Drôme est menée depuis 2006, sur les secteurs du confluent du Bez et de la Drôme, et du confluent de la Sure et de la Drôme.

    Venez le découvrir à la Gare des Ramières

    L’apron du Rhône possède maintenant un espace muséographique à la Gare des Ramières à Allex. L’an prochain, vous pourrez l’admirer vivant, dans des aquariums. Onze classes du Val de Drôme ont travaillé sur la connaissance de cette espèce pendant l’année scolaire 2008/2009. Ces activités pédagogiques se sont achevées par la « fête de l’apron» qui s’est tenue à la Gare des Ramières le 15 mai dernier.
    Ce programme de conservation de l’apron du Rhône a mobilisé, depuis 12 ans, des dizaines de personnes, des organismes très variés, beaucoup de bonnes volontés de bénévoles. Il devrait conduire à sauver ce poisson de la rivière Drôme qui, sans cela, était condamné à en disparaître pour toujours.

    BarbeauBarbeaux de la Drôme

     De la famille des cyprinidés, il existe deux espèces de barbeaux dans lavallée de la Drôme : le B. fluviatile et le B. méridional. Le premier est leplus commun et même abondant dans la partie basse de la vallée. C'est unpoisson magnifique qui peut dépasser les 50 cm de longueur et 10 ans d'age. Il estcaractérisé par son museau allongé et ses lèvres épaisses portant 4 barbillonstactiles. Le barbeau est en effet un fin gourmet, choisissant soigneusement sanourriture au fond de l'eau dans le sable ou les petits galets. Il peutégalement retourner les galets à la recherche de larves d'insectes aquatiquescomme des éphémères ou les porte-bois. Son cousin, le B. méridional, parfoisappelé "barbeau truité" est plus petit. Il peut être identifié parles nombreuses taches sur le haut des flancs et par la position de sesnageoires. Il est rare dans la Drôme, mais sa présence est connue dans certainsaffluents comme la Gervanne et la Royanne.

    L'observatoire de la rivière souhaite faire l'inventaire des tronçons derivière encore occupés par cette espèce peu commune à grande valeurpatrimoniale.

      CastorCastor

       Le castor, grand rongeur, pouvant peser jusqu'à 30kgs, est un grand timide : il attend la nuit pour sortir. Aux Ramières, le castorest vraiment chez lui. Larivière Drôme a amassé sur son passage des embâcles et le castora adopté ces abris providentiels. Le castor signe sa présence par lessaules et les peupliers qu'il abat pour en manger les feuilles et l'écorce. Sesincisives sont de véritables taille-crayons !

      Cette espèce de mammifère aquatique vieille de plus de 5 millions d'années abien failli disparaître au siècle dernier, tuée pour sa fourrure, sa chair, sesglandes odorantes. Protégé depuis 1968, le castor recolonise le Rhône etquelques-uns uns de ses affluents (Drôme, Ardèche, Eygyes, Doux) où l'homme n'apas fait de ces lieux des espaces aménageables.

      En attendant, n'hésitez pas à faire un tour aux Ramières, au coucher dusoleil. Avec un peu de chance, vous verrez apparaître ce rongeur attachant.

      Cincle plongeurCincle Plongeur

       Passereau est également appelé merle d'eau. L'adulte est de couleur sombre,noir et brun chocolat, avec une gorge et plastron blanc pur. Il mesureseulement 18 cmpour un poids de 60 genviron. Le cincle est une espèce habituelle des rivières et torrents de lahaute vallée de la Drôme et du Roubion.

      Dans la basse vallée, il n'est observé qu'en hiver.

      Sa nourriture est constituée d'insectes aquatiques, crustacés et mollusquesqu'il va chercher au fond de l'eau.

      Son nid en boule est fabriqué avec de la mousse et des brindilles. Il estinstallé dans un trou de rocher ou dans un mur surplombant l'eau, souvent sousun pont.

      Le cincle est le symbole des rivières vivantes, riches en invertébrés et peupolluées. Il a été choisi avec le martin-pêcheur et le petit-gravelot comme"indicateur biologique" de la qualité des milieux dans le cadre del'observatoire de larivière. Un suivi de ses populations est donc programmé pourles 6 prochaines années.

        Grand CormoranGrand Cormoran

         Cet oiseau migrateur a fait beaucoup parler de lui depuis son apparitiondans la région au début des années 1980. Le grand cormoran niche encolonies de plusieurs centaines de couples au Danemark et en Norvège. D'octobreà mars, 2 000 à 3 000 de ces oiseaux viennent hiverner dans la vallée du Rhône.De moeurs sociables, les familles de cormorans conservent des liens en toutessaisons. Ainsi, ils se réunissent tous les soirs en "dortoirs"pouvant rassembler plus de 500 oiseaux.

        Les oiseaux qui viennent se nourrir sur la Drôme dorment sur les bergesentre la Voulte et Saulce. Les plus courageux peuvent remonter la Drôme jusqu'àLuc-en-Diois ou ses principaux affluents comme la Gervanne, la Roanne et leBez.

        Depuis deux ans, en France, des tirs de régulation sont réalisés par agentsde l'office national de la chasse pour répondre aux demandes des pisciculteursd'étangs ou des associations de pêcheurs.

          InsectesInsectes de la forêt de Saou

           La forêt de Saou est depuis très longtemps visitée par les entomologistes,cependant bien peu de textes ont mis en évidence l'intérêt faunistique de celieu.
          Ce sont essentiellement les Coléoptères et parmi eux les Carabes etCarabiques qui ont fait l'objet des citations dans la littérature.
          La cuvette de Saou, de par sa situation en bordure de la vallée du Rhône,est un site où se retrouvent des espèces de provinces biogéographiquesdiverses.

          Par Philippe Richoux, Société linnéenne de Lyon


          LibellulesLibellules de la forêt de Saou

           Les libellules sont des insectes aquatiques dont les larves vivent entrequelques mois et quelques années dans l'eau avant de donner naissance à demagnifiques imagos (adultes) volants. Dans les Forêt de Saoû, deux typesd'habitats aquatiques attirent les libellules. Les eaux dormantes comme au Pasde l'Estang ou les eaux courantes comme la Vèbre ou le Lauzens.

          Texte Jean Michel FATON

           

          Milan NoirMilan noir

           Le milan noir est en régression dans tout l'Est de l'Europe. La Vallée de laDrôme abrite encore une belle population de cet oiseau majestueux. Ce rapaceest un grand migrateur qui arrive chez nous au mois de mars. Le site dePrintegarde, au confluent de la Drôme est du Rhône, est un site très réputépour l'observer en migration. Par belle journée, il se compte par centaines.

          De retour d'Afrique tropicale où il passe l'hiver, le milan noir construitun nid de branchage dans les ramières de la Drôme, parfois dans les collinesdominant la vallée. Ilse nourrit de poissons morts et de cadavres, mais aussi de vers de terreet parfois d'insectes. Lors de la fauche des prairies, il a pour habitude desuite le tracteur à la recherche animaux tués par la barre de coupe.

          Ce rapace habite les zones humides, près des étangs et dans les valléesfluviales pour autant qu'il trouve des boisements tranquilles pour y nicher.

          Un suivi des populations de milan noir dans la Vallée de la Drôme et duHaut-Roubion est au programme de l'observatoire de la rivière, avec unerecherche des nids au début du mois d'avril.

            GravelotPetit Gravelot 

             De jolis cris fluttés retentissent sur les plages de la rivière. C'est degravelot, petit échassier, qui se prend pour un galet de la Drôme. Il recherche lesgrands bancs les plus dénudés, ceux qui ont été rajeunis par les dernièrescrues du printemps. Il dépose quatre oeufs dans une coupe qu'il a creusée avecses pattes.

            Ceux-ci ressemblent à s'y méprendre à de vrais cailloux ronds, bien polispar les flots. Dès l'éclosion, les oisillons quittent leur nid inconfortable etmais restent parfaitement invisibles tant leur camouflage est parfait. Si unprédateur ou un simple promeneur se présente, les parents des petits sont surle qui-vive : ils crient, volètent en rond, imitent un oiseau blessé pourdétourner au plus vite l'intrus de ses chers enfants.

            Les lits torrentueux de la Drôme et du Roubion sont le paradis du gravelot.100 à 150 couples nichent notamment entre Châtillon en Diois etLivron-sur-Drôme.

            Le suivi de cette belle population est au menu de l'observatoire de la rivière Drôme.

            Il est le gardien traditionnel des rives de nos rivières !

             

            Les papillons

            Les papillons sont indispensables à l’homme. Pas seulement pour les services qu’ils rendent, ou leur importance dans les écosystèmes : ils sont aussi l’étonnante petite touche de couleur qui nous appelle à rêver. Chacun à son niveau peut agir pour leur maintien dans notre vallée. 

            L’effet papillon pour la biodiversité

            Le département de la Drôme est l'un des départements de France les plus riches en papillons (Lépidoptères). Pour les papillons diurnes, il abrite prés de 220 espèces (rhopalocéres et zygènes). Les papillons diurnes sont des indicateurs biologiques emblématiques de la richesse de la biodiversité de proximité, de la "nature ordinaire" de notre environnement. 
            La vallée de la Drôme offre tout le panel des espèces du département, depuis les papillons méditerranéens jusqu'aux espèces de haute montagne. Les habitats naturels les plus attractifs pour les papillons sont les prairies naturelles fleuries. 

            Dans la vallée, on trouve des prairies humides dans les vallons et dans la plaine de la Drôme, des prairies sèches sur les coteaux bien exposés et des pelouses montagnardes sur les crêtes. Les prairies fleuries sont également des éléments de l'environnement immédiat des jardins et des villages. Si la diversité naturelle en papillons reste grande dans les petits villages de la haute vallée, elle est menacée d'appauvrissement dans la plaine de la Drôme. Cette menace est bien identifiée par les entomologistes et également par le grand public. Le maintien de la diversité des papillons nécessite des actions d'entretien et de gestion des habitats et des espèces de plantes, qui sont les hôtes des papillons. 

            A la Réserve naturelle des Ramières

            Les papillons bleus du genre Maculinea ont un cycle de vie assez complexe qui montre bien la difficulté pour aider les papillons. L’Azuré du serpolet, Maculinea arion, est une espèce menacée en Europe. Ce papillon se retrouve essentiellement dans des pelouses et des prairies composées d'origan et de thym serpolet. Dans la pratique, le papillon pond ses oeufs dans les fleurs de la plante hôte. La petite chenille s’y développe pendant une quinzaine de jours. Après cette période, les fourmis ouvrières emmènent les chenilles dans la fourmilière et les nourrissent jusqu’à l’automne. Le papillon passe l’hiver sous la forme d’une chrysalide et ne s’envole qu’au mois de juin suivant. Les exigences de cette espèce de fourmi sont certainement indispensable pour mieux comprendre le déclin de Maculinea arion et l'enrayer. 

            Les papillons des jardins

            Dans le jardin de la gare des Ramières à Allex, on peut découvrir une « prairie à papillons », un « hôtel à insecte » et un « ortillière ». Il est envisagé d’expérimenter des pratiques innovantes de gestion des espaces de jardin et de faire la promotion de ces bonnes pratiques. Différentes plantes sauvages y ont été cultivées cette année.

            Parallèlement, des comptages de papillons ont été effectués entre le mois d’avril et octobre 2008. Mais où trouver des plantes hôtes favorables au papillons ? Il paraît nécessaire également de créer de nouvelles « filières » pour commercialiser des graines et plants indispensables aux "jardins de la biodiversité".       

            L’observatoire Papillons Jardins

            N’hésitez plus, observez les papillons dans votre jardin et devenez membre de l’Observatoire des Papillons des Jardins. Toutes les observations comptent, et les papillons comptent sur vous ! Votre communauté est partenaire de cette opération initié par l’association Noé Conservation. 

            Plus d’infos sur : www.noeconservation.org   

            Enjeux environnementaux et jardin

            Le jardin est aussi un univers où de nombreux enjeux environnementaux actuels peuvent s’illustrer (économies d’eau, réduction des pesticides et santé publique, réduction du volume des déchets ménagers et compost, éclairage de nuit et donc économies d’énergie et lutte contre les changements climatiques, produits respectueux de l’environnement...). Une évolution des comportements dans ces domaines peut contribuer fortement à des pratiques et des modes de consommation plus durables en France.